La route est dure et les hommes boitent sur le bas-côté. Les voitures passent en les éclaboussant. Ils rêvent d’un peu de soleil, d’un petit coin d’herbe sèche pour délasser leurs bottes et se reposer un peu. La journée a été longue comme un déluge et s’est abattue sur eux, sans doute pour les punir de leur faiblesse. C’est de feu dont ils auraient besoin : ils l’entendent qui crépite au bout du chemin, et qui les appelle à venir sécher leurs vieux os. Ce qu'il leur faut, c'est un peu de paix, et le silence de la cendre, au matin, quand l’aube leur rappelle que tout est toujours à recommencer, que la vie passe entre les voitures, que les viaducs s’écroulent, et que la mort viendra toujours récompenser ces pauvres bêtes éparpillées dans la boue.
La société des poètes disparus
Il y a 6 ans
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